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Daniel Koch
Entretien avec le médecin Daniel Koch, directeur de 2008 à 2020 de la division Maladies transmissibles de l'Office fédéral de la santé publique et surnommé « Monsieur Coronavirus » de la Confédération.
Quel regard extérieur portez-vous sur les HUG pendant la crise du Covid-19 ?
Les HUG sont un centre de référence pour beaucoup de maladies émergentes et il est tout d'abord important de signaler que l’OFSP entretient des relations de longue durée depuis la crise Ebola en 2014. Lorsque la première vague est survenue début 2020, nous cherchions le contact pour obtenir des informations, pour comprendre la situation. Avec le Conseiller fédéral Alain Berset, la première visite d'un hôpital fut à Genève, aux HUG. Nous avons été très impressionnés par les changements effectués en si peu de temps pour répondre à la crise. Au prix de grands efforts, l’ensemble de l’hôpital a été intégralement dédié aux malades du Covid-19. C’était très impressionnant et cela a servi de modèle.
Comment analysez-vous la réactivité des HUG et son agilité pendant la crise du Covid-19 ?
A l’échelle du pays, les HUG ont été un des plus importants centres pour les diagnostics, ainsi que pour le traitement des cas graves et le suivi de la maladie. Un rôle primordial. Durant toute cette crise, il n'était pas seulement difficile de devoir constamment s’adapter pour traiter les cas aigus. Il y avait aussi cette nécessité d’entreprendre des actions extrêmement lourdes sur la durée. Cela a été mené de manière exemplaire à Genève.
Quels sont les contacts que vous avez eu avec les HUG pendant la crise ?
Dans ce genre d’événements à plusieurs inconnues, nous sommes dépendants du savoir des spécialistes. Grâce à des contacts réguliers avec notamment les professeurs spécialisés en maladies infectieuses Laurent Kaiser, médecin chef du Département de médecine et Didier Pittet, médecin-chef du Service de prévention et contrôle de l'infection, nous avons pu obtenir des renseignements précieux pour pouvoir gérer la crise.
Quels enseignements peut-on tirer de ces deux années écoulées pour le système de santé suisse ?
Il s’agit de mener des évaluations approfondies et tirer les leçons de ce qui a pu moins bien fonctionner. J'ai pleinement conscience de ce qui est en train d'être fait en ce sens maintenant. Nous en apprenons avec chaque crise et celle-ci ne fait pas exception. Il y en aura d'autres et il est impossible de tout prévoir, mais il y a désormais une meilleure conscience du risque et une identification des lacunes à améliorer. Malgré le nombre d’infections toujours élevé, le pays est aujourd’hui dans une situation favorable grâce aux efforts de celles et ceux qui continuent chaque jour de soigner les patientes et les patients. Après les applaudissements, il faut que le personnel soignant puisse se reposer. C’est primordial, car il faudra toujours de l'engagement humain pour se sortir d'une situation similaire. C'est la clé.
Quel message voulez-vous faire passer au personnel des HUG ?
Il s'agit de reconnaître les efforts du personnel et dire un grand « merci » pour ce qui a été accompli sur un temps extrêmement long. C'est grâce aux efforts de celles et ceux qui composent les HUG que l'on a pu sauver beaucoup de vies en Suisse et que l'on s'en sort a priori mieux qu’ailleurs.