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« C’est l’humain qui fait la différence »
L’histoire des HUG illustre une promesse fondamentale de la médecine : mettre la science au service de la santé, grâce à des professionnels engagés comme Agustin Gonzalez. De ses débuts en angiographie interventionnelle, en 1995, à ses missions actuelles au sein des plus récentes salles d’opération, ce technicien en radiologie médicale (TRM) curieux et polyvalent a été témoin et acteur de trois décennies ayant révolutionné l’imagerie médicale.
Quelles sont les évolutions les plus marquantes des trente dernières années ?
La digitalisation, d’abord. Dès les années 2000, la radiologie a abandonné les films argentiques pour le numérique. Cela permet de réaliser des images plus rapidement. Sur le plan métier, les TRM ont développé de nouvelles compétences : contrôle de voies veineuses centrales, pose de voies veineuses périphériques, etc. De plus, grâce aux techniques avancées et aux formations dans différentes spécialités, comme l’angiographie, l’IRM, le scanner et l’échographie, la gestion des parcours des patients et des patientes a été considérablement améliorée.
Comment définissez-vous le métier de TRM ?
C’est un métier profondément humain, qui va bien au-delà des aspects techniques. Nous jouons un rôle essentiel en tant que lien entre les gens et les machines. Nous sommes souvent la première personne à entrer en contact avec les patientes et les patients. Un aspect primordial de notre mission est d’établir un climat de confiance et de sérénité pour que l’examen se déroule dans les meilleures conditions possibles.
Qu’est-ce qui vous rend fier de travailler aux HUG ?
Les HUG se distinguent par leur avant-garde technologique. Ils sont souvent pionniers dans l’innovation médicale. Je suis également fier de ma contribution personnelle à la numérisation. J’ai en effet collaboré avec un fabricant de matériel médical pour le développement du flat panel (ndlr : détecteur convertissant les rayons X en signal électrique). Ce détecteur innovant a marqué un tournant décisif vers la numérisation, améliorant ainsi la précision et la rapidité des diagnostics.
Quel sens donnez-vous à votre engagement ?
Les HUG sont en constante évolution. L’engagement, la collaboration interdisciplinaire et le progrès forment le cœur de nos missions. J’ai eu la chance d’acquérir de nombreuses compétences dans des contextes variés. Et même après trois décennies, je continue d’apprendre. D’ailleurs, depuis le début de l’année, j’occupe le poste de TRM référent pour la neurologie de la salle opératoire hybride de dernière génération. Mon travail ne consiste pas uniquement à réaliser des images pendant une opération servant à poser un nouveau diagnostic après l’intervention, mais également à accompagner les chirurgiens et chirurgiennes pendant une opération.
Les salles hybrides sont une nouveauté aux HUG. En consistent-elles ?
Les HUG ont récemment rénové, construit et modernisé les blocs opératoires des bâtiments du site Cluse-Roseraie dédiés à la chirurgie adulte. Ce projet comprend au total cinq blocs de dernière génération, dont deux sont dits « hybrides » parce qu’en plus du matériel de chirurgie classique, ils sont équipés avec des systèmes d’imagerie avancés. Grâce à cela, il est possible de prendre des images 2D et 3D de très haute définition en temps réel pendant l’opération. Une des salles est destinée spécifiquement à la neurochirurgie, l’autre à la chirurgie cardio-vasculaire.
Avez-vous une anecdote à partager qui vous a particulièrement marqué ?
Une patiente claustrophobe avait fait plusieurs tentatives infructueuses d’examen IRM. J’ai pris le temps de l’écouter, de lui parler et de la rassurer. Nous avons créé un lien de confiance. Après cet échange sincère, elle a réalisé l’examen de bout en bout. À la fin, elle m’a remercié, les larmes aux yeux. Ce jour-là, j’ai pleinement mesuré l’importance de notre rôle et compris qu’au-delà de la technique, c’est l’humain qui fait la différence.