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La transplantation combinée à l’immunothérapie pour guérir du cancer du foie
Publiée dans Hepatology, une étude coordonnée par les HUG et la Faculté de médecine de l’Université de Genève précise comment associer immunothérapie et transplantation hépatique chez des personnes atteintes de carcinome hépatocellulaire. Un arrêt des inhibiteurs de points de contrôle immunitaire, au moins 50 jours avant la greffe, réduit fortement le risque de rejet. Cette recherche marque une étape cruciale vers l’établissement de recommandations officielles pour la transplantation hépatique chez les personnes sous immunothérapie.
Le carcinome hépatocellulaire (CHC) représente 80 à 90% des cancers primitifs du foie. En Suisse, on compte en moyenne 960 nouveaux cas et 720 décès par année. Pour les personnes éligibles, la transplantation hépatique reste une option curative. L’immunothérapie par inhibiteurs de points de contrôle immunitaire, désormais utilisée dans le CHC avancé, obtient une réponse favorable dans environ un tiers des cas, parfois jusqu’à une disparition complète des tumeurs.
Le défi apparaît lorsque l’on envisage de combiner ces deux approches. L’immunothérapie stimule les défenses immunitaires et peut augmenter le risque de rejet du greffon. L’équipe genevoise a donc cherché à définir une fenêtre thérapeutique sûre entre l’arrêt des traitements et la greffe. « Pour y faire face, l’idée est de combiner immunothérapie et transplantation », explique le Dr Beat Moeckli, médecin chef de clinique au Service de chirurgie viscérale des HUG, chef de clinique scientifique au Département de chirurgie de la Faculté de médecine de l’UNIGE et premier auteur de l’étude.
Menée dans 29 centres hospitaliers en Europe, en Asie et en Amérique, l’étude a analysé les données de 119 personnes atteintes de CHC ayant reçu une immunothérapie avant transplantation. « Nos travaux montrent que 50 jours constituent l’intervalle optimal. En deçà, le risque de rejet est trop élevé ; au-delà, la maladie peut progresser », précise le Pr Christian Toso, médecin chef du Service de chirurgie viscérale des HUG, professeur ordinaire à l’UNIGE et auteur principal de l’étude.
Ce repère de 50 jours apporte un cadre opérationnel aux équipes qui accompagnent des personnes candidates à la transplantation après une immunothérapie. Il facilite l’intégration de ces nouveaux traitements dans un parcours sécurisé, tout en soutenant l’élaboration de recommandations partagées. Aux HUG, ces résultats s’inscrivent dans un engagement de longue date pour affiner les critères d’éligibilité à la greffe dans le CHC, notamment grâce à des modèles combinant biomarqueurs et volume tumoral total, avec l’objectif constant de réduire le risque de récidive et d’élargir l’accès à une stratégie potentiellement curative.
Intitulé Determining safe washout period for immune checkpoint inhibitors prior to liver transplantation, l’article publié dans Hepatology est signé notamment par le Dr Beat Moeckli ainsi que Charles Henri Wassmer, Sofia El Hajji, Rohan Kumar, Joana Rodrigues Ribeiro, Nicolas Goossens, Stéphanie Lacotte, Philippe Compagnon et Pr Christian Toso.
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