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« Les HUG nous ont appris à vivre ensemble »
À 19 ans, Masebo Libali fuit le Congo et trouve refuge à Genève. En 1995, quinze ans plus tard, il est embauché par l’Hôpital des Trois-Chêne. En trente ans d’activité, il a vécu toutes les grandes étapes de la croissance du Service restauration, jusqu’à la création en 2018 de la Cuisine unique de Belle-Idée (CUBI). En tant qu’assistant à la préparation des repas, il contribue aujourd’hui à la confection quotidienne de plus de 2 300 assiettes.
De quelle façon était organisée la restauration des Trois-Chêne en 1995 ?
Il y a 30 ans, tout était très différent. La cuisine des Trois-Chêne était presque familiale. Les cafés du matin étaient préparés avec le lait des fermiers environnants. Pour les repas, nous épluchions tous les jours d’énormes quantités de légumes ! La viande, elle, passait directement de la poêle à l’assiette des patients et patientes.
Comment la restauration aux HUG a-t-elle évolué au cours des trois dernières décennies ?
Les cuisines ont été centralisées, en plusieurs étapes. La restauration des Trois-Chêne a d’abord fusionné avec celle de l’Hôpital de Belle-Idée. Puis, celle de Bellerive. Les conditions de travail se sont améliorées. Les horaires ont été allégés. Grâce aux formations, nous sommes désormais tous et toutes au même niveau. Cela facilite la gestion des absences. Si les effectifs ne sont pas complets aux Trois-Chêne, Cluse-Roseraie, Belle-Idée ou Bellerive peuvent pallier les absences. Au-delà de l’organisation, l’ambiance aussi a changé. Avant, nous allions souvent boire un verre à la fin de la journée, toutes et tous ensemble. Nous parlions amicalement de ce qui allait bien ou moins bien. Ces ajustements informels mettent de l’huile dans les rouages. Aujourd’hui, les gens rentrent chez eux dès que le travail est fini… Mais c’est peut-être la société qui a changé. Elle est davantage cloisonnée.
Comment avez-vous vécu ces transformations au fil du temps ?
Il a fallu s’adapter, s’habituer à travailler avec beaucoup de monde. La nouvelle cuisine centralisée (CUBI) compte environ 80 collaboratrices et collaborateurs. Les HUG les ont accompagnés tout au long du changement. Nous avons été formés. Sur le plan professionnel, bien entendu. Mais pas seulement. Également sur la manière d’être en entreprise, de se comporter entre collègues. Sur les attitudes, le respect des autres, la politesse… Ce sont des points importants. En réalité, les HUG nous ont appris à vivre ensemble, à être une grande famille.
Quel sens attribuez-vous à votre engagement ?
Je travaille pour les patients et patientes. En gériatrie, l’alimentation est un élément important des soins. Les personnes âgées ne mangent souvent pas en quantité suffisante. La façon d’arranger les assiettes… une belle assiette, ça les aide ! Alors quand elle revient vide, nous éprouvons de la satisfaction.
Qu’est-ce qui vous rend fier de travailler aux HUG ?
Mon parcours, de la création des HUG jusqu’à aujourd’hui. En cuisine, on m’appelle le « papy ». Je suis un peu la colonne de l’équipe parce que je connais le travail de presque tout le monde. Avant une réorganisation par exemple, le responsable me demandait mon avis. Je suis fier aussi parce que mon fils a trouvé cette année un emploi au Service restauration des HUG. Il commence et, moi, je prends ma retraite, à la fin de l’année. C’est la fin et le début d’un nouveau cycle.