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Une cible immunitaire prometteuse contre la sclérose en plaques
Une équipe de recherche des HUG et de l’UNIGE a identifié des lymphocytes CD4 exprimant c-Met, rares mais très inflammatoires, chez des personnes récemment diagnostiquées d’une sclérose en plaques. Publiés en octobre 2025 dans Annals of Neurology, ces résultats ouvrent la voie à des traitements plus ciblés et potentiellement mieux tolérés.
La sclérose en plaques touche environ une personne sur 500 en Suisse. Cette maladie auto-immune provoque une inflammation qui endommage la myéline, une gaine essentielle protégeant les neurones, avec des conséquences motrices, sensitives, visuelles ou cognitives. Les traitements actuels freinent l’activité immunitaire et réduisent les poussées, mais au prix d’un risque accru d’infections potentiellement graves.
Dirigée par Patrice Lalive, professeur au Département des neurosciences cliniques ainsi qu’au Département de pathologie et immunologie de la Faculté de médecine de l’UNIGE et responsable de l’Unité de neuroimmunologie des HUG, l’équipe a étudié l’axe HGF c-Met, impliqué dans la neuroinflammation. Les équipes de recherche ont comparé des échantillons de sang et de liquide céphalorachidien de 34 personnes récemment diagnostiquées et non traitées à ceux de sujets sains (groupe contrôle). Elles ont observé, chez les personnes avec une sclérose en plaques, une fréquence plus élevée de lymphocytes exprimant le récepteur c-Met, qui était absente dans le groupe contrôle.
Ces lymphocytes, minoritaires mais particulièrement actifs, présentent un profil pro inflammatoire et une capacité accrue à migrer vers le système nerveux central. Autrement dit, ils semblent mieux armés pour franchir la barrière hématoencéphalique pour s’attaquer au cerveau et contribuer aux lésions. Cette signature cellulaire devient ainsi une piste concrète pour mieux comprendre la maladie dès ses premiers stades et pour suivre plus finement l’activité inflammatoire.
La prochaine étape vise à tester des traitements capables de cibler spécifiquement ces cellules c-Met positives. L’objectif est de contrôler l’évolution de la sclérose en plaques tout en préservant davantage les défenses immunitaires utiles contre les infections. Menée avec des partenaires internationaux, dont l’Université de Pennsylvanie, l’étude a été publiée dans Annals of Neurology avec le Dr Gautier Breville, médecin chercheur dans l’équipe du Pr Lalive et premier auteur de ces travaux.
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