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Au centre de mon travail de gestion des lits se trouve le bien-être des patientes et des patients
Rencontre avec Barbara Laurent, infirmière dans le Service de gestion des flux patients en charge plus particulièrement de la gestion des lits, elle assure jour après jour, nuit après nuit, l’attribution du bon lit au bon patient et à la bonne patiente. Un jeu de Tetris complexe que la pandémie a rendu d’autant plus indispensable.
Quelle est votre fonction au sein de l’hôpital ?
Je suis infirmière en gestion des lits dans la section du flux. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la personne hospitalisée n’atterrit pas dans une chambre au hasard. Le processus de sélection d’un lit et d’un secteur se fait en fonction de la pathologie, mais également de l’âge, d’un handicap éventuel, ou encore d’un geste technique nécessaire de la part des médecins.
Notre quotidien s’apparente à un grand jeu de stratégie au centre duquel se trouve le bien-être de la patientèle. Il faut trouver le bon lit pour un confort optimal, tout en jonglant entre les impératifs du personnel soignant. Tout le personnel infirmier en gestion de lit sont infirmières ou infirmiers avant tout. Cette particularité nous permet d’avoir une bonne compréhension de l’état du malade et de ses besoins, compétences nécessaires pour lui attribuer le lit adéquat.
Quelles sont les difficultés d’un tel rôle ?
Au-delà des contraintes logistiques, c’est la frustration humaine qui est parfois difficile à gérer. Le personnel soignant travaille sous une pression constante, et lorsqu’un ou une collègue vous contacte pour trouver un lit disponible, il s’agit pour lui ou elle d’une demande prioritaire. Or, toutes les demandes sont prioritaires. Nous adoptons alors une attitude calme et pédagogue jusqu’à ce qu’une solution se dessine, ce qui finit toujours par arriver.
2021 a été une année particulière. Comment la pandémie a-t-elle influencé votre quotidien ?
L’arrivée du Covid-19 a énormément complexifié le quotidien. La gestion des unités, et donc des lits, a été bouleversée. Nous avons dû parfois repousser les murs de l’hôpital pour pouvoir accueillir l’ensemble des personnes hospitalisées qui en avaient besoin : c’est là le cœur de la mission d’un hôpital public.
Si nous ne sommes pas les équipes les plus touchées par le Covid-19 au niveau émotionnel, nous n’avons pas été épargnés non plus. Lorsque mes collègues de la programmation appelaient un patient ou une patiente pour lui annoncer que son opération allait être repoussée pour la troisième ou quatrième fois et reprogrammée en clinique, elles et ils s’exposaient à de la colère, de la frustration et de la tristesse. Derrière chaque lit, derrière chaque opération se trouve une personne, une famille. Difficile alors d’être entièrement détachée.
2021 a aussi été l’année de l’engagement et de la solidarité dans nos services. Les équipes ont soigné les malades les uns et les unes après les autres, malgré un état de fatigue important, l’investissement fut total. Au final, nous sommes des soignantes et des soignants avant tout, présentes et présents pour les personnes hospitalisées quoiqu’il arrive.
Quel est le moteur de votre engagement ?
Notre équipe a un rôle important à jouer dans l’hôpital, pour que les personnes prises en charge par les HUG soient reçues dans les meilleures conditions possibles et pour que le personnel soignant puisse exercer son métier sans préoccupation annexe. Au niveau personnel, j’apprécie que la communication avec l’autre se trouve au cœur de mon quotidien et que chaque journée soit différente de la précédente. Et puis, j’ai toujours aimé les jeux de stratégie.