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Conjuguer au quotidien notre engagement pour l’humain et notre intérêt pour la science
Lorena Mackinnon Lacasa et Zoé Di Risio, respectivement étudiantes en 5ème année à la Faculté de médecine de l’Université de Genève et étudiante en troisième année du Bachelor en sciences infirmiers de la Haute école de santé de Genève, ont été stagiaires aux HUG pendant la pandémie de Covid-19. Elles témoignent de cette période particulière, difficile également pour les étudiantes et étudiants.
Qu’est-ce que cela signifie d’être stagiaire aux HUG ?
L.M.L. : A partir de la 4ème année de médecine, nous effectuons plusieurs stages de quelques mois dans différents services des HUG. En tant que stagiaire, notre rôle est avant tout d’accompagner les médecins sur le terrain et d’en apprendre le plus possible, d’allier enfin la théorie à la pratique. Dès que l’on acquiert une autonomie dans le service, on peut commencer à effectuer des tâches sous délégation et donc échanger directement avec les patientes et patients.
Z.D.R.: J’ai eu la chance d’effectuer plusieurs stages, notamment l’un en neuro-rééducation à l’Hôpital de Beauséjour et un autre à la prison de la Brennaz. Accompagnée par des équipes encadrantes et bienveillantes, j’ai énormément appris de ces expériences. Pendant le Covid, j’ai également effectué un stage dans une caserne de pompiers à Montpellier. J’ai participé à la prise en charge des patientes et patients avant l’hospitalisation et ai découvert le travail dans l’urgence, où une bonne gestion du stress est nécessaire.
Comment se passe le premier contact avec ces responsabilités ?
L.M.L. : Tout est bien pensé. Lorsque nous arrivons sur le terrain, nous avons déjà acquis trois ans de bagage théorique. Au début, nous pensons ne rien savoir, mais nous avons, en réalité, de nombreuses connaissances prêtes à être appliquées. C’est même un soulagement de découvrir que ce que l’on a lu dans les livres est conforme à la réalité.
Z.D.R. : Lors de ces stages, nous avons déjà des responsabilités tout en étant toujours bien encadrées et encadrés. Ce sont des opportunités à saisir pour découvrir ce qui nous plaît et nous intéresse le plus parmi la variété de services possibles.
Quelles sont les difficultés que l’on rencontre en tant que médecin-stagiaire ?
L.M.L. : Pour ma part, l’une des difficultés était de trouver un équilibre entre réussir à me faire confiance et accepter mes limites. Cela s’apprend petit à petit.
Z.D.R. : L’une des difficultés est d’être confrontée au décès des patientes et patients. Inévitablement, ce sont des situations qui arrivent et je ne pense pas qu’on puisse s’y habituer. Mais c’est notre rôle de les soigner et de les accompagner au mieux. C’est paradoxalement très gratifiant d’entrer dans l’intimité des gens et de les accompagner dans des moments de grande vulnérabilité. C’est pour cela que j’ai décidé de faire ce métier : pour accompagner, créer des relations de confiance, écouter les craintes et les doutes.
Vous avez commencé la pratique pendant la pandémie en 2021. Pas trop difficile ?
L.M.L. : J’ai effectué mon tout premier stage en plein pendant la deuxième vague dans une unité Covid-19. Une entrée en matière certes intense, mais qui m’a permis de participer à l’effort collectif.
Z.D.R. : En parallèle de mes cours en distanciel, je me suis portée volontaire pour travailler dans un EMS où le personnel venait à manquer à cause de la pandémie. J’ai été confrontée à la souffrance des résidentes et résidents qui ne pouvaient plus recevoir de visites de leurs proches et qui étaient très anxieux de la situation en général. C’était une période compliquée, en effet, mais formatrice à bien des égards.
Quel est le moteur de votre engagement ?
L.M.L. : Je voulais trouver une profession qui me permette de conjuguer mon sens de l’humain et mon intérêt pour la biologie. Pour la suite, la prise en charge de la santé des femmes m’intéresse tout particulièrement, j’envisage donc une spécialisation en gynécologie-obstétrique. C’est une spécialité passionnante parce que complexe et complète, tant en termes de technique que d’enjeux sociaux et psychologiques. En parallèle, je suis très impliquée dans un des projets de l’association des étudiantes et étudiants en médecine de Genève : Medsexplain. Nous promouvons activement la santé sexuelle auprès des étudiantes et étudiants de la Faculté de Médecine, mais aussi du grand public, notamment à travers un compte Instagram destiné à la vulgarisation de sujets en lien avec la sexualité. Ce type de projets concrets m’aide à rester motivée et à trouver du sens au quotidien dans ma formation.
Z.D.R. : Je suis reconnaissante d’exercer une profession utile pour les autres. J’aime aider l’autre, le ou la soutenir, l’accompagner dans les moments critiques. J’ai choisi une activité où je peux allier le relationnel, les connaissances scientifiques et les gestes techniques. Chaque patient, chaque patiente, chaque situation est unique, et il faut laisser tomber les aprioris. C’est un métier qui demande de l’humilité.