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La médecine est un outil pour réduire les inégalités et l’injustice sociale
Médecin adjoint agrégé au sein du Service de médecine de premier recours, le Pr Yves Jackson a été sur le front de la pandémie de Covid-19 dans le canton de Genève avec son équipe, qui a, cette année encore, relevé des défis complexes.
Quel est votre rôle au sein des HUG ?
Je suis responsable de la CAMSCO, la Consultation ambulatoire mobile de soins communautaires qui se consacre à la santé des patientes et patients en situation sociale de fragilité dans le canton de Genève. Composée d’une quinzaine de personnes, notre équipe interprofessionnelle compte tant du personnel dans le travail social, du personnel infirmier et des médecins que du personnel administratif. Notre but est de répondre aux besoins essentiels des personnes fragiles de la population, et de garantir l’équité dans la qualité et l’accès aux soins. Créé en 1996 en même temps que les HUG, notre dispositif n’a cessé de prendre de l’ampleur, grâce à la demande grandissante. La structure offre plus de 15'000 consultations médico-soignantes par année.
Quelle est la particularité de ce dispositif au sein des HUG ?
Nous sommes le seul canton où le système de soins communautaires et de premier recours est intégré au système de santé publique. Ce fonctionnement offre deux avantages notables : la pérennité de la structure et la qualité et l’étendue des prestations qui sont offertes. Dans les autres cantons (à l’exception du canton de Vaud), cette responsabilité incombe à des ONGs qui ne disposent pas nécessairement des mêmes moyens et ressources. Notre structure joue également un rôle extrahospitalier, celui d’une interface entre les HUG et les partenaires politiques (comme les autorités municipales et cantonales) ainsi que les acteurs associatifs, ce qui permet d’intégrer l’activité des HUG dans un tissu plus large.
Les HUG s’engagent-ils hors les murs et comment ?
La dimension mobile de notre unité est très forte. Les soignantes et soignants se déplacent et prodiguent des soins au sein de structures sociales : foyers, soupes populaires, lieux d’hébergement d’urgence. Nous coordonnons également des actions de santé à l’échelle cantonale pour que les populations précarisées puissent bénéficier de prestations médicales en dehors des HUG. Par exemple, nous collaborons avec la Fondation genevoise de dépistage du sein pour que chaque femme résidant à Genève puisse avoir accès aux mammographies, même sans assurance maladie.
L’accès à la vaccination auprès des populations sans assurance maladie est un autre exemple. Avec la Croix-Rouge genevoise, la Direction Générale de la Santé et des partenaires associatifs, nous avons mis sur pied une campagne d’informations et de vaccination qui a permis à plus de 7'000 personnes qui allaient passer entre les mailles des filets d’en bénéficier. Un manque qui aurait eu d’importantes conséquences de santé publique et médicales tant au niveau individuel que collectif.
Quels projets particuliers avez-vous mené à bien en 2021 ?
La pandémie a aggravé les inégalités de santé et révélé l’existence de groupes de population hors radar, à haut risque sur le plan sanitaire et social. Outre l’accès à la vaccination Covid-19, nous avons mis sur pied plusieurs actions en lien avec la pandémie ciblant ces populations fragiles. Nous avons formé des équipes mobiles en charge du dépistage et du suivi des personnes confinées sans accès aux soins et avons maintenu des soins de médecine générale pour prendre en charge toutes les autres pathologies notamment chroniques.
Dans le cadre des distributions alimentaires, nous étions également présentes et présents pour proposer des services complémentaires, dispenser des conseils de santé, réinstaurer des traitements qui avaient été interrompus faute de moyens financiers et orienter les individus au sein du système sanitaire.
Durant toute cette période, les HUG ont été très (ré)actifs auprès de ces populations en mettant en place des réponses agiles et adaptées. Les autorités fédérales ont pris exemple sur Genève pour enjoindre les autres cantons à mettre en place des interventions dans la communauté pour s’assurer qu’une réponse aussi efficace que possible soit donnée à l’échelle nationale.
Quel est le moteur de votre engagement ?
J‘ai eu le privilège de choisir ce beau métier. Je peux maintenant rendre aux autres, en envisageant la médecine comme un puissant outil social. La médecine est un moyen de réduire les inégalités et l’injustice sociale, par une approche individuelle et collective. Combiner ces deux dimensions m’intéresse particulièrement. J’ai énormément de plaisir à travailler pour les HUG, qui est la structure qui permet de garantir une médecine à UNE vitesse au sein de la communauté du canton. L’engagement des HUG est remarquable et doit se poursuivre, pour permettre toujours plus d’équité dans l’accès aux soins pour toutes et tous.