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Sortir la psychiatrie hors les murs
Pour les jeunes gens souffrant d’un trouble psychique grave, il n’est pas évident de se rendre dans un cabinet médical ou à l’hôpital. La peur de sortir de chez soi, le sentiment d’être stigmatisé en poussant la porte d’une unité psychiatrique ou simplement le déni de la situation sont autant de barrières à un accès aux soins. Pour pallier ce manque, l’équipe mobile du jeune adulte des HUG se déplace à domicile ou dans un café, là où les patients et patientes se sentent le mieux.
« Plus la détection et l’intervention pour les troubles psychiatriques sont précoces, mieux c’est. Plus on laisse les troubles se développer dans le temps, moins bon sera le pronostic. L’équipe mobile permet d’aller à la rencontre de ces jeunes qui ne viennent pas ou plus consulter », explique le Dr Logos Curtis, responsable de l’Unité de psychiatrie du jeune adulte.
Les troubles gagnent à être diagnostiqués tôt. D’où l’importance d’aller à la rencontre du ou de la patiente le plus rapidement possible. Si une relation de confiance parvient à se nouer entre la personne en souffrance et la personne référente, les étapes qui jalonneront éventuellement son parcours médical – une hospitalisation, ou au contraire un retour à la vie civile - seront mieux appréhendées.
L’histoire de Théo : « L’infirmière de l’équipe mobile a été comme une main rassurante sur mon épaule ».
Les proches de Théo, la vingtaine, se sont rendu compte que quelque chose n’allait pas durant l’été 2019 : « Je consommais du cannabis tous les jours et je vivais en accéléré. Mon état maniaque m’empêchait de dormir. Étant engagé sur plusieurs projets avec des délais assez serrés, j’ai profité de mes insomnies pour avancer. Je suis devenu très irritable. Mes parents se sont inquiétés et moi aussi. J’ai demandé à être hospitalisé. » Le jeune homme passe ainsi deux mois à l’Unité de psychiatrie du jeune adulte. Le diagnostic de trouble bipolaire est posé : « Pendant mon séjour hospitalier, j’avais un médecin et un infirmier référents. En sortant, grâce à Audrey Metral de l’équipe mobile, j’ai pu continuer à avoir une personne référente. Elle a été comme une main rassurante sur mon épaule. Elle a joué un rôle important pour que ma transition entre l’hôpital et le cabinet privé où je suis actuellement suivi se passe au mieux ».
En savoir plus : Unité de psychiatrie du jeune adulte (UPJA)